Jeudi 12 mars nous sommes allés à Lille au biplan pour la
troisième fois . Comme de coutume l'accueil, les rencontres ont été à la
hauteur de la réputation de cet endroit cher à notre parcours.
A l'heure de monter sur scène, et en concertation avec Matthieu, Julien ainsi
qu' André (président de l'association) et Féthi (qui nous a accueilli, fait le
son et plus encore), j'ai pris l'amère décision de ne pas jouer.
à 22h, heure prévue du début du concert il n'y avait personne. A 22h30 nous étions
une petite dizaine dont la troupe de théâtre qui avait joué à 20h, les
bénévoles de l'asso et 2 entrées payantes.
Il faut savoir regarder les choses en face et se poser les bonnes questions. C’est
ce que je pense avoir fait.
Nous aurions pu jouer en vrai "pros", simuler d'avoir
les couilles de passer outre, faire comme on dit "un filage", mais
cela n'aurait été que le leurre de jouer pour nous sans n'avoir rien à porter...
J'ai donc pensé encore une fois, au sens, aux raisons qui depuis près de 10 ans
me poussent à faire des chansons, chercher à les transmettre.
Les émotions, l'âme (parfois), le coeur (toujours), que je tente de placer dans
mes textes, dans ma musique, n'ont de sens que pour être proposés, transmis ,
reçus par d'autres tels qu’ils sont.
Que mes chansons touchent ou ne touchent pas, soient aimées,
provoquent l’indifférence ou ne soient pas aimées est important, mais n’est que
le résultat, pas le moteur !
Je ne cherche dans l’écriture que certaines émotions à vivre que je ne trouve
pas ailleurs., ce n'est ni mon métier, ni mon talent, ni ma fierté : juste
une parcelle de qui je suis : un homme ni plus ni moins.
Je ne suis pas un chef de produit qui adaptera son produit en
fonction d’une niche commerciale, ni un chef d’entreprise à chercher « le
truc qui marche », le « bon coup de pub »., et c’est pour cela
que je reste centré sur ce que j’ai à dire et à véhiculer par ce biais.
Oui c’est nostalgique, c’est mélancolique mais c’est à mes
yeux, fort, juste, sincère voire beau.
Bien entendu on pourra spéculer sur le fait que je ne révolutionne pas
le monde de la musique, que ça « ressemble à…. », « sonne comme…. »,
mais est-ce si primordial ?
Le fond est plus fort que la forme. J’en suis convaincu et
ne lâcherai rien sur ce point.
Hier je n’ai pas pu faire semblant de donner.
J’ai expliqué pourquoi et échangé avec les quatre personnes
qui étaient venus (donné un cd aussi).
L’heure n’a pas été à la recherche de responsabilité parce
qu’il n’y en pas (travail de promo, d’annonce fait etc…).
Cette décision ne fait pas jurisprudence, et ce ne sera
jamais une règle applicable pour nous, nous sommes dans le groupe
des gens de parole, soucieux du respect de nos
engagements et de nos choix.
Il aura été dit que la pugnacité ne doit jamais se muer en
acharnement stérile !
Le monde ne s’arrête pas de tourner, et tant que je reste
porté par la conviction d’avoir des choses à dire, je continuerai à avancer sur
ce chemin, à faire des chansons, des concerts, les transmettre !!!
Nous en sommes quitte pour un Strasbourg-Lille-Strasbourg en
une journée, une agréable balance, quelques jolis moments d’échanges. Sans
ironie merci encore à toute l’équipe du Biplan, Dédé, Julien et Féthi
Il est difficile de trouver son public, mais si il est des échecs
comme celui d’hier soir, il y a aussi de belles histoires, de fortes rencontres
passées et à venir qui savent faire contre poids.
De fait, cette soirée, ce qui s’y est dit me porte à formuler et écrire aujourd’hui ce bulletin.
Une dernière chose, j’entends aussi les ricanements et
ironies que celui-ci ne manquera pas de provoquer chez certains (vous savez les
pseudos experts (souvent musiciens) qui se prennent pour de vrais jurés façon « Nouvelle Star »,
oui..toi et puis toi aussi..tu te reconnais ???) et si parfois cela m’a fait vaciller,
jamais cela ne me fera tomber.
Chacun ses valeurs, son parcours, sa croix !
